Faïencerie de Lunéville - Réverbère fin

La faïencerie de Lunéville

La faïencerie de Lunéville est aujourd’hui indissociable de la manufacture de St-Clément, sur laquelle nous reviendront dans un autre article.

Néanmoins, ce ne fut pas toujours le cas ! Fondée en 1730, elle est de nos jours la plus ancienne faïencerie française encore en activité. Toutefois, son origine est de 20 ans antérieure à cette date.

Découvrons dès maintenant cette manufacture Lorraine de renommée mondiale !

Logo de la faïencerie de Lunéville

Sommaire :
1. Une histoire royale
2. Des caractéristiques artistiques propres
3. Les collections historiques de Lunéville


Une histoire royale

Origines et expansion

Pour comprendre les raisons de la création de la faïencerie de Lunéville en 1730, il faut s’intéresser à l’histoire de son fondateur, 19 ans plus tôt..

En 1711, à Champigneulles en Lorraine, Jacques Chambrette père, Maître Faïencier, lança pour le Comte de Fontenoy, une première faïencerie.

Il fallut attendre 11 ans avant que la faïence n’arrive à Lunéville, grâce à Jacques Chambrette fils. En effet, en 1722, celui-ci s’y établit en tant que marchand de faïence, posant les bases de ce qui deviendrait bientôt la faïencerie de Lunéville.

Enfin, en 1730, sept ans après être devenu fournisseur de la Cours, Jacques Chambrette ouvrit enfin la célèbre manufacture de Lunéville.

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De manière anecdotique, il est bon de savoir qu’en 1739, Jacques Chambrette repris, en association avec plusieurs personnes, la Cristallerie de Portieux. Aujourd’hui encore, les deux manufactures sont des sociétés sœurs.

En 1731, il obtient du Duc François III et de la Duchesse Elisabeth-Charlotte d’Orléans des lettres patentes. La première lui octroie le droit de puiser ses ressources où il le souhaite. La seconde l’exempt d’impôts et de charges.


Fusion et scission

Un an après la mise au point de la “Terre de Lorraine” en 1748, Jacques Chambrette crée de nouveaux décors d’une finesse inégalée à ce jour. Celle-ci fut possible grâce à une technique appelée “Réverbère”. Il s’agit d’une cuisson “Petit feu” dans un four à moufle.

“Four à moufle : Un four où la chaleur est propagées entre la paroi externe et la paroi interne.”


Grâce à la finesse et au raffinement du produit de ces techniques, il obtient donc de nouvelles lettres patentes auprès du Roi Stanislas Leszczynski le 13 Décembre 1749.

Peu de temps après, la faïencerie de Lunéville acquiert la distinction de Manufacture Royale !

La manufacture de Lunéville connut alors une période faste grâce à laquelle elle étendit sa renommée en Allemagne, en Italie et en Pologne.

En raison des taxes d’exportations importantes vers la France, Jacques Chambrette obtient du Roi Louis XV l’autorisation de fondée une seconde manufacture. Celle-ci sera alors fondée à Saint-Clément en 1756, dans les Trois-Évêchés.

Les Trois-Evêchés de 1500 à 1789, où fut établie la faïencerie de St-Clément.
Les Trois-Évêchés, terre de libre échange avec l’étranger, mais lourdement imposée par les Douanes Française – De 1500 à 1789 – Source : https://www.zum.de/

Deux ans plus tard, en 1758, Jacques Chambrette décède. C’est donc son fils, Gabriel Chambrette, et son gendre, Charles Loyal, qui reprennent les faïenceries de Lunéville et de Saint Clément.

Malheureusement, cette collaboration ne dure guère. En effet, en 1763, Charles Loyal rachète la manufacture de St-Clément, en compagnie de Paul-Louis Cyfflé et de Richard Mique. Gabriel Chambrette ne gardera alors que celle de Lunéville.


Second souffle et réunification

Le coût de l’exportation vers la France continue à malmener l’économie de la manufacture de Lunéville. En 1786, alors qu’il ne lui reste plus que 10% de ses effectifs passés, la faïencerie est mise en vente. Elle est alors rachetée par Sébastien Keller.

Elle connait alors un siècle de prospérité. En effet, à la fin du XIXème siècle, elle emploie environ 1300 ouvriers.

Sous la coupe de Sébastien Keller, puis de K&G (Keller & Guérin), la manufacture acquiert successivement de nombreux avantages techniques :

En 1787 : Acquisition de moulins à plâtre sur la Vezouze, dont le but est de moudre les bloc de plâtre obtenu par la cuisson du gypse.

En 1853 : Grâce à l’achat de fours à charbons, les fours à bois, moins efficaces et plus coûteux en ressources, sont supprimés.

La décoration par transfert commence à être utilisée vers le milieu du XIXème siècle.

La production est industrialisée dans les années 70, notamment grâce à l’acquisition de machines à vapeur.

En 1887 : La manufacture bénéficie enfin de l’électricité !


La faïencerie de Lunéville en 1892
Atelier de la faïencerie de Lunéville – 1892


La faïencerie de Lunéville fut l’une des premières à mettre en place une politique social novatrice. Mutuels, soins préventifs et coopérative n’en sont que quelques unes.

Ainsi, en 1892, les manufactures de Lunévilles et de St-Clément sont réunifiées sous la bannière de K&G. Toutes deux sont dominent alors le marché de la faïence française.

En 1978, presque un siècle plus tard, “Keller & Guérin” rachète la faïencerie de Sarregémines. Cette opération n’a toutefois aucun impact sur les productions de ces trois grandes manufactures. En effet, chacune d’entre elles garde sa ligne artistique et son style de faïence.

Enfin, en 2006, les manufactures de Lunéville et de St-Clément, deviennent la propriété de “Faïence & Crital fins” intègrant “Terres d’Est”, un regroupement de faïenceries et de cristalleries Lorraines.


Des caractéristiques artistiques propres

Le début du XVIIIème siècle est marqué par des productions aux formes proches de celles de la sculpture. Statues et statuettes, réalisées par des sculpteurs renommés, sont donc des réalisations courantes.

Avec l’arrivée des fours à moufle et donc de la cuisson “petit feu”, apparaissent des décors aux couleurs douces. Cette méthode donnera son nom à une collection toujours en production de nos jours : Réverbère.

Collection Réverbère fin
Réverbère fin – Faïencerie de Lunéville.

A la fin du XVIIIème siècle, le “Rocaille”, puisant ses sources de l’autre côté du Rhin, prends de l’ampleur. Il s’agit d’un style artistique classique évoquant la forme spiralée de certains coquillages.

On observe, à cette même époque, un fort engouement pour les statuettes en Terre de Lorraine de Paul-Louis Cyfflé. (Dont, souvenez-vous, les moules furent rachetés par la faïencerie de Niderviller.)

La qualité supérieur des réalisation de Lunéville se voient récompensées d’une médaille d’or à l’exposition de Paris en 1823. Ce mérite, déjà souligné à l’exposition industrielle de 1806, est attribué à l’ancienneté de la manufacture.

A la fin du XIXème siècle, les grès flambés et les émaux à effets s’imposent grâce au Baron Maurice de Ravinel qui intègrera un atelier d’Art à la manufacture.

Ainsi, l’Art Nouveau est introduit dans les faïences de Lunéville, provoquant l’avènement des modèles d’inspiration végétale.

Au milieu du XXème siècle, après la Première Guerre Mondiale, l’Art Déco fait son entrée dans les créations de Lunéville, introduit par les frères Mougin. C’est ainsi que la manufacture de Lunéville assoie sa renommée qui se stabilise alors définitivement.

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L’Art Nouveau est, dans un sens, le contrepied de l’Art Déco. L’Art Déco se caractérise par son apparence chargée d’inspiration végétale. Les courbes y sont abondante. L’Art Nouveau, en réponse, simplifie les formes à l’extrême. Il est épuré, rectiligne, géométrique.


Les collections historiques de Lunéville

Seules deux collections historiques de la faïencerie de Lunéville sont encore produites et commercialisées à ce jour. En effet, mis à part “Réverbère fin” et “Chinois“, tous les décors actuellement réalisés sont postérieurs à la fusion définitive des manufactures de Lunéville et de St-Clément.

Malgré tout, vous pouvez les retrouver, mêlées aux autres, à cette adresse : https://terresdest.fr/collection/luneville/

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